Chères compatriotes, chers compatriotes,
Il existe des sujets qui traversent le quotidien sans bruit, mais qui façonnent nos vies en profondeur. Le logement en fait partie. Il n’est pas spectaculaire, il n’est pas souvent au centre des débats, mais il conditionne pourtant tout : la stabilité d’une famille, la réussite d’un enfant, la sécurité d’un adulte, l’ancrage d’un jeune, la paix d’un territoire.
Un logement, ce n’est pas seulement un ensemble de murs et un toit.
C’est le lieu où l’on se repose, où l’on se relève, où l’on se construit.
C’est l’espace où naissent les projets, où s’écrivent les histoires familiales, où se nouent les solidarités.
C’est aussi un droit humain fondamental, reconnu par les valeurs que nous partageons : justice, dignité, équité.
Pourtant, aujourd’hui encore, trop de Sénégalais vivent dans des conditions qui ne reflètent pas ces valeurs. Trop de familles s’entassent dans des habitations précaires. Trop de jeunes retardent leur autonomie faute d’accès à un logement accessible. Trop de citoyens vivent avec la peur de perdre leur terrain ou leur maison, faute de sécurité foncière. À Ziguinchor, dans la Casamance comme dans de nombreuses régions du pays, la réalité est la même : le logement est devenu un défi quotidien.
Je vous écris parce que je refuse de m’habituer à cette réalité.
Je refuse que la dignité devienne un luxe.
Je refuse que le logement soit un privilège réservé à quelques-uns.
Je refuse que la jeunesse renonce à son avenir par manque de perspectives.
Nous avons la responsabilité collective de changer cela.
Une crise silencieuse mais profonde
L’une des caractéristiques du sujet du logement est qu’il ne fait pas de bruit. Il ne provoque pas de scandale immédiat, pas de polémiques visibles, pas d’éclats médiatiques. Pourtant, il détermine tout.
Quand une famille vit dans un logement insalubre, ce sont des enfants qui tombent malades, des adolescents qui ne peuvent pas étudier correctement, des parents qui s’épuisent.
Quand un jeune ne peut pas accéder à un logement décent, c’est un projet de vie retardé, une stabilité repoussée, parfois même un départ forcé vers d’autres horizons.
Quand un citoyen n’a pas de titre foncier clair, c’est une insécurité permanente, un investissement impossible, un avenir bloqué.
Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur cette crise silencieuse.
Le logement : un outil de transformation sociale et économique
Le logement n’est pas qu’une question sociale.
C’est aussi un levier de développement économique, d’aménagement du territoire, de stabilité nationale.
Un Sénégal mieux logé, c’est un Sénégal plus productif, mieux organisé, plus attractif.
C’est un pays où les familles vivent mieux, où les jeunes s’ancrent, où les villes respirent, où les territoires se développent de manière équilibrée.
Le logement n’est pas une dépense.
C’est un investissement dans l’avenir.
La transparence foncière : un impératif absolu
L’un des problèmes majeurs que nous rencontrons est l’insécurité foncière. Trop de citoyens vivent dans la peur, trop de familles perdent leur terrain faute de documents clairs, trop de procédures sont complexes, opaques et parfois inéquitables.
La question du foncier doit être clarifiée, modernisée, sécurisée.
Nous avons besoin de procédures transparentes, accessibles, traçables.
Nous avons besoin d’un système foncier qui protège et qui inspire confiance.
Un pays ne peut pas se développer durablement sur une terre instable.
Ziguinchor et la Casamance : un modèle à construire ensemble
Je suis fils de Ziguinchor. Cette ville, cette région, ont façonné ma manière de voir le monde : plus humaine, plus ancrée, plus solidaire. La Casamance a toujours été une terre de paix, de diversité, de créativité. Mais elle a également été une région parfois oubliée, négligée, en retard dans les politiques publiques.
Je suis convaincu que le Sud peut devenir un laboratoire national d’innovation sociale et urbanistique.
Une région qui montre comment :
• développer des logements accessibles et de qualité,
• construire des quartiers où il fait bon vivre,
• remettre l’humain au centre des politiques publiques,
• associer les jeunes, les femmes, les communautés à toutes les étapes du développement,
• concilier modernité, identité et inclusion.
Ziguinchor ne doit plus être un symbole de retard.
Elle peut devenir un symbole de transformation.
Un engagement citoyen, professionnel et politique
Je suis professionnel de l’immobilier, mais mon engagement dépassera toujours les frontières d’un métier. Il est citoyen, territorial, humain, et désormais, il est aussi politique.
Car il est impossible de parler de logement sans parler de politique publique.
Impossible de parler de foncier sans parler de gouvernance.
Impossible de parler d’accès équitable sans parler de choix nationaux.
Je crois à un Sénégal qui protège, qui inclut, qui écoute, qui construit.
Je crois à un pays où les territoires sont valorisés, où les villes sont humanisées, où la jeunesse est considérée.
Je crois à un modèle national où le logement n’est plus une souffrance mais une base pour grandir, travailler, entreprendre, rêver.
Appel à l’action collective
Je ne porte pas cette vision seul.
Je la porte avec tous ceux qui croient en un Sénégal plus juste.
Avec ceux qui se battent déjà sur le terrain.
Avec les familles, les jeunes, les acteurs locaux, les professionnels, les citoyens engagés.
Le logement ne doit plus être un sujet secondaire.
Il doit redevenir une priorité nationale.
Nous devons :
• repenser l’accès au logement,
• sécuriser le foncier,
• développer des quartiers humains,
• avancer vers un modèle durable,
• agir pour que la Casamance et les territoires deviennent des moteurs de croissance,
• replacer la dignité au centre de tout.
Je continuerai à écrire, à analyser, à proposer.
Je continuerai à rencontrer, à écouter, à apprendre.
Je continuerai à défendre cette vision avec détermination, conviction et humilité.
Conclusion
Nous avons une décennie décisive devant nous.
Le Sénégal a la capacité, l’énergie, l’intelligence collective et le potentiel pour devenir un pays où chacun peut vivre dignement.
Je crois en cette vision.
Je crois en cette transformation.
Et je crois profondément en vous, en nous, en notre capacité à bâtir un Sénégal mieux logé, plus juste, plus humain.
Le logement n’est pas un luxe.
C’est un droit.
Un devoir.
Un avenir.
Je vous remercie.
Kandety Simpa
